Téléchargement Dieu est Amour
Cécile Durot était née au début des années 1990 dans la petite commune drômoise d’Eygalayes, surtout connue pour la propriété qu’y possédait le prêtre de Marseille, Armand Passeron.
Jean-Pierre Giard, lui, était né le même jour qu’elle et tous deux avaient été élevés ensemble, par la mère de la fille, comme deux frère et sœur. Ils avaient passé toute leur enfance à jouer ensemble dans le jardin de la maison de Cécile la journée, puis celui des Giard le soir. Parfois, la mère les surveillait sur la place du village où elle passait ses journées à peindre le monument aux morts, dressé en hommage aux soldats tombés lors de la Seconde Guerre Mondiale. Jean-Pierre avait appris par cœur les mots qui y étaient inscrits et les répétait fièrement à Cécile pour l’impressionner : « Le droit prime la force. »
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Téléchargement Couscous empoisonné
Il lui tendit son bouquet de roses rouges. Madame Bassam le prit et son mari l’invita :
- Entre, Loïc !
Il passa la porte et Monsieur Bassam la referma derrière lui.
Il ôta son manteau, que Madame Bassam emporta dans une autre pièce. Monsieur Bassam, lui, l’invita à se rendre dans la salle de bains où il se lava les mains, puis ils revinrent tous deux prendre place dans la salle de séjour où la table était dressée pour trois personnes.
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Téléchargement Accordez-moi cette dernière cigarette
J’entends des bruits de pas rapides derrière moi. Un homme est pressé. Il double tout le monde sur la gauche. Je ne me retourne pas. Il me bouscule. Il ne s’excuse même pas. Je ne le vois déjà plus. Je redresse le côté gauche du col de mon manteau avec ma main droite. Quand elle repasse sur ma poitrine, j’hésite à la glisser dans une poche pour saisir mon paquet de cigarettes. L’escalator avance. Je suis presque à la sortie du métro. Le vent arrive jusqu’à moi. J’en plisse les yeux. Il est si froid. Le ciel apparaît. Il est gris. Des petites gouttes de pluie tombent sur mon front. Je l’essuie avec les doigts de ma main droite. Puis avec mon poignet gauche en prenant le soin de ne pas me prendre ma serviette sur le nez. Je pense à la dernière cigarette que j’ai l’habitude de griller avant la pause que je m’accorde à dix heures. Je regarde à droite. La Grande Arche de la Fraternité - l’Arche comme on l’appelle familièrement- est toujours aussi belle. Qu’il pleuve ou que le soleil l’assomme. Comme chaque jour, je l’admire. Mais cette fois, un court instant. Je me presse d’en finir avec les escaliers. Un peu essoufflé -sûrement aussi à cause du froid-, je marche d’un pas pressé sur le parvis de la Défense. J’aimerais courir, mais je n’ose pas. Tous ces travailleurs du matin qui passent me prendraient pour un fou. Je n’aime pas être mouillé. Si les autres sont comme moi, ils ne le montrent pas. Je traverse vite la rue Carpeaux pour arriver à l’avenue Perronet S. C’est légèrement à gauche. J’y suis. La météo est si mauvaise que je ne distingue même pas l’Arc de Triomphe au loin. Je me retourne un peu. Je n’ai même pas pensé à regarder du coin de l’œil l’hôtel Hilton. C’est pourtant là que je suis descendu quand je suis arrivé à Paris. C’était pratique. J’habitais devant mon bureau. C’est un bel hôtel. Construit sur le terrain en triangle des anciennes usines Zodiac. Depuis que je l’ai quitté, je prends le temps de le regarder chaque matin et je mesure le chemin parcouru. Comme c’est étrange! Ce matin que j’aurais dû le regarder mieux que d’habitude, le temps a eu raison de ce geste machinal. Sur ma droite, devant la porte d’entrée du siège de ma société, j’aperçois un homme qui profite comme il le peut de sa dernière cigarette avant d’entrer dans le bâtiment. Il crache une dernière fumée et jette sèchement le mégot au sol qu’il écrase avec ses pieds. J’arrive à sa hauteur. Je pose ma main droite sur son épaule et la descends à la hauteur de la sienne qu’il écarte en même temps que moi. L’empoigne est franche. Il me sourit avec plaisir. Comme je m’y attendais, il me glisse quelques mots qui viennent de son cœur si bon :
- Félicitations, Yvain! Tu le mérites.
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Frédéric Martin était considéré par les siens comme l’idiot de la famille, le petit dérangé : celui qui n’est pas normal. Ils avaient certes parfois pitié de lui, mais aimaient le plus souvent s’amuser en toute tranquillité avec cet être attachant dont certains moments faisaient oublier sa particularité.
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