Téléchargement La sentence en plein coeur
Depuis quelques années, le père de Geoffroy de Lorcades avait enfin choisi de se retirer du monde des affaires et c’est naturellement qu’il avait confié à son fils, alors déjà quinquagénaire, les rennes de l’entreprise qu’il avait créé lui-même étant jeune et qu’il n’avait cessé de développer avec un succès constant depuis. Ce dernier, le « petit » Geoffroy, qui avait toujours vécu dans l’ombre de son père jusque-là, au point de n’avoir jamais eu l’occasion de contempler un autre paysage que celui du pays niçois, connut ainsi la joie d’être devenu en peu de temps un homme riche et important. Aussi, fier de sa réussite soudaine et de posséder le joyau familial, l’héritier se conduisait comme un monarque. Il arrivait tous les matins à neuf heures précises, soit une heure exactement après ses employés afin que chacun d’eux puisse tour à tour le saluer. La dernière personne à s’exécuter à ce rituel était sa secrétaire personnelle dont le bureau précédait le sien. Cette dernière devait toujours lui préparer son petit-déjeuner qu'il prenait en lisant attentivement le journal une fois confortablement assis dans son grand fauteuil au style d’un autre temps, du dix-huitième siècle plus précisément, création qui n'allait pas du tout avec le décor très moderne de son bureau.