Téléchargement Couscous empoisonné
Il lui tendit son bouquet de roses rouges. Madame Bassam le prit et son mari l’invita :
- Entre, Loïc !
Il passa la porte et Monsieur Bassam la referma derrière lui.
Il ôta son manteau, que Madame Bassam emporta dans une autre pièce. Monsieur Bassam, lui, l’invita à se rendre dans la salle de bains où il se lava les mains, puis ils revinrent tous deux prendre place dans la salle de séjour où la table était dressée pour trois personnes.
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Téléchargement Accordez-moi cette dernière cigarette
J’entends des bruits de pas rapides derrière moi. Un homme est pressé. Il double tout le monde sur la gauche. Je ne me retourne pas. Il me bouscule. Il ne s’excuse même pas. Je ne le vois déjà plus. Je redresse le côté gauche du col de mon manteau avec ma main droite. Quand elle repasse sur ma poitrine, j’hésite à la glisser dans une poche pour saisir mon paquet de cigarettes. L’escalator avance. Je suis presque à la sortie du métro. Le vent arrive jusqu’à moi. J’en plisse les yeux. Il est si froid. Le ciel apparaît. Il est gris. Des petites gouttes de pluie tombent sur mon front. Je l’essuie avec les doigts de ma main droite. Puis avec mon poignet gauche en prenant le soin de ne pas me prendre ma serviette sur le nez. Je pense à la dernière cigarette que j’ai l’habitude de griller avant la pause que je m’accorde à dix heures. Je regarde à droite. La Grande Arche de la Fraternité - l’Arche comme on l’appelle familièrement- est toujours aussi belle. Qu’il pleuve ou que le soleil l’assomme. Comme chaque jour, je l’admire. Mais cette fois, un court instant. Je me presse d’en finir avec les escaliers. Un peu essoufflé -sûrement aussi à cause du froid-, je marche d’un pas pressé sur le parvis de la Défense. J’aimerais courir, mais je n’ose pas. Tous ces travailleurs du matin qui passent me prendraient pour un fou. Je n’aime pas être mouillé. Si les autres sont comme moi, ils ne le montrent pas. Je traverse vite la rue Carpeaux pour arriver à l’avenue Perronet S. C’est légèrement à gauche. J’y suis. La météo est si mauvaise que je ne distingue même pas l’Arc de Triomphe au loin. Je me retourne un peu. Je n’ai même pas pensé à regarder du coin de l’œil l’hôtel Hilton. C’est pourtant là que je suis descendu quand je suis arrivé à Paris. C’était pratique. J’habitais devant mon bureau. C’est un bel hôtel. Construit sur le terrain en triangle des anciennes usines Zodiac. Depuis que je l’ai quitté, je prends le temps de le regarder chaque matin et je mesure le chemin parcouru. Comme c’est étrange! Ce matin que j’aurais dû le regarder mieux que d’habitude, le temps a eu raison de ce geste machinal. Sur ma droite, devant la porte d’entrée du siège de ma société, j’aperçois un homme qui profite comme il le peut de sa dernière cigarette avant d’entrer dans le bâtiment. Il crache une dernière fumée et jette sèchement le mégot au sol qu’il écrase avec ses pieds. J’arrive à sa hauteur. Je pose ma main droite sur son épaule et la descends à la hauteur de la sienne qu’il écarte en même temps que moi. L’empoigne est franche. Il me sourit avec plaisir. Comme je m’y attendais, il me glisse quelques mots qui viennent de son cœur si bon :
- Félicitations, Yvain! Tu le mérites.
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Téléchargement Le prix d'une vieille vengeance
Le shérif de San Denver, ville WASP de trois mille âmes dans le centre du Nouveau-Mexique, sortit des toilettes en fureur :
- Cette fois-ci, j'en ai marre ! Un indien qui inonde ma ville de sa musique de sauvage, je ne peux plus le tolérer ! Et je ne peux plus venir prendre mon repas de la mi-journée dans une pièce où a dormi un ennemi des fondateurs de l'Amérique ! hurla-t-il en passant devant le comptoir et en tapant son chapeau marron sur sa hanche droite.
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Téléchargement La sentence en plein coeur
Depuis quelques années, le père de Geoffroy de Lorcades avait enfin choisi de se retirer du monde des affaires et c’est naturellement qu’il avait confié à son fils, alors déjà quinquagénaire, les rennes de l’entreprise qu’il avait créé lui-même étant jeune et qu’il n’avait cessé de développer avec un succès constant depuis. Ce dernier, le « petit » Geoffroy, qui avait toujours vécu dans l’ombre de son père jusque-là, au point de n’avoir jamais eu l’occasion de contempler un autre paysage que celui du pays niçois, connut ainsi la joie d’être devenu en peu de temps un homme riche et important. Aussi, fier de sa réussite soudaine et de posséder le joyau familial, l’héritier se conduisait comme un monarque. Il arrivait tous les matins à neuf heures précises, soit une heure exactement après ses employés afin que chacun d’eux puisse tour à tour le saluer. La dernière personne à s’exécuter à ce rituel était sa secrétaire personnelle dont le bureau précédait le sien. Cette dernière devait toujours lui préparer son petit-déjeuner qu'il prenait en lisant attentivement le journal une fois confortablement assis dans son grand fauteuil au style d’un autre temps, du dix-huitième siècle plus précisément, création qui n'allait pas du tout avec le décor très moderne de son bureau.
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