Le Critérium du Dauphiné Libéré est un test majeur avant le Tour de France. Tout vrai ambitieux du grand rendez-vous de Juillet se doit d'y être présent afin de savoir s'il pourra concourir pour la victoire finale sur la Grande Boucle ou s'il est en retard sur son entraînement. C'est pourquoi tout spectateur, comme tout adversaire potentiel, se doit de jauger les différents favoris qui ont fait le choix intelligent de cette course et non du Tour de Suisse, trop près du Tour et pas assez montagneux pour être "un avant-Tour".
L'édition 2007 nous a apporté quatre enseignements :
- Christophe Moreau est soit dans une grande année, soit en forme trop tôt. Dans le premier cas, il pourra jouer la victoire finale en Juillet pour la bonne et simple raison que cette année le peloton ne comporte pas de patron. C'est toute la différence avec les années précédentes durant lesquelles le meilleur coureur français avaient déçu les plus optimistes à son égard qui faisaient des paris absurdes sur son potentiel. Dans le second cas, il s'effondrera sur les premières pentes du Tour comme avant lui Luc Leblanc et plus récemment Iban Mayo.
- L'équipe reine du peloton des courses à étapes 2007 est la formation Astana. Mais, ce n'est pas le retour du train bleu que nous avons connu dans les débuts des années 2000. Contrairement à l'US Postal, l'équipe kazakhe n'est pas capable de former un train bleu.
- Il était une erreur de la part de Vinokourov de jouer la carte de Andreï Kashechkin. Ce dernier n'était pas encore assez mature pour remporter une course comme le Dauphiné. En revanche, il sera l'un des équipiers de poids pour Vino sur le Tour. Sa contre-performance l'a montré.
- Alexandre Vinokourov n'est pas prêt pour le Tour. Soit il est déjà trop tard. Soit il faut qu'il continue son entraînement avec l'obsession de ne plus connaître de jour sans. Il en a connu deux dans cette course dans des rendez-vous majeurs. Impossible dans ces conditions de remporter la Grande Boucle. C'est au contraire là qu'elle se gagne. Son point faible est donc bien la montagne. Son point fort le panache. Atout de résurrection!