Étape 2 : Auray/Saint-Brieuc (164,5 km)
Quatre noms :
- Sylvain Chavanel : A deux jours du premier contre-la-montre individuel de ce Tour de France, Sylvain Chavanel n’a pas eu peur de se lancer dans la première échappée de la journée. Une attitude qui fait plaisir et qui change de la tactique adoptée des semaines plus tôt par le coureur de Cofidis pour le championnat de France contre-la-montre qu’il a remporté la semaine dernière. Entre Cholet et Cholet, mardi les jambes lui manqueront peut-être, mais puisqu’il ne peut pas lutter contre un Cancellera dans ce genre d’exercice malgré son titre national de la discipline, tenter sa chance aujourd’hui était une bonne idée.
Fabian Wegmann et Sylvain Chavannel, deux possibles outsiders de ce Tour, accompagnés de Jens Voigt et trois autres coureurs était un scénario trop dangereux pour que le peloton accorde à la première échappée du jour un bon de sortie sur cette étape où la météo a alterné entre du vent, de la pluie et des rayons de soleil. Mais le français a fait preuve de caractère et a insisté quand même après le premier grand prix de la montagne. Tromper le peloton qui pensait que seule la course au maillot à pois l’intéressait était une excellente idée. Malheureusement pour Chavanel, seul Voeckler, fatigué de la veille, l’a suivi. A deux (ou plutôt un et demi), bien sûr, il était difficile d’empêcher un retour du peloton. Un peloton qui a avalé Chavanel dans les derniers hectomètres de l’étape comme si, pour le Français, l’Histoire se répétait. Après Montpellier, Saint-Brieuc rime avec malchance pour le français.
- Marc Madiot : Il est absurde de reprocher au manager de la Française des Jeux d’avoir fait rouler ses hommes derrière des français. Comme il l’a dit, il est là pour défendre « ses couleurs » et non celles de la France. Si le Tour se courait par équipes nationales, nous le saurions. Ce n’est pas le cas et le final était taillé pour un Philippe Gilbert. Il fallait donc tenter sa chance ou alors il ne sert à rien de venir sur une course si ce n’est pas pour faire la course. Hélas! un coureur n’est à l’abri de rien et la chute qui a eu lieu à moins de trois kilomètres de la ligne d’arrivée a privé le belge de tout espoir de victoire. Le travail de la formation française n’est donc pas récompensé ce soir et Gilbert est déjà hors course pour le maillot vert qu’il portait aujourd’hui par défaut.
- Kim Kirchen : Le malheureux du dernier Tour de Suisse rappelle Bernard Hinault. Même s’il peut jouer la gagne du Tour, il n’a pas peur de disputer les sprints. Si hier le parcours expliquait qu’on l’ait vu devant dans les derniers hectomètres, aujourd’hui sa deuxième place, entre Thor Hushovd et Gerald Ciolek, deux spécialistes de la discipline, fait plaisir. Il y a longtemps que l’on n’avait pas vu un coureur capable de courir comme Merckx et le blaireau. De plus, si Kim Kirchen continue à multiplier les places d’honneur dans les sprints, il ne faudra pas l’exclure de le voir en vert à Paris. Encore faut-il qu’il y pense! Ceux qui aiment le cyclisme ne peuvent que l’espérer.
- Thor Hushovd : En remportant cette étape, il nous a prouvé qu’il était l’un des plus rapides de ce peloton. Maintenant qu’il a son étape, il peut penser tranquillement au classement de la régularité.
Trois remarques :
- Privé de prologue et privé d’un dernier kilomètre plat dans la première étape, le suisse Fabian Cancellera a bien essayé d’être fidèle à lui-même dans le dernier kilomètre aujourd’hui. Mais la route était peut-être trop élevée encore pour rééditer l’exploit de l’année dernière et le doublé de maître qu’il nous avait offert sur le dernier Tour de Suisse. Mardi, il aura moins de trente kilomètres pour se venger et montrer à tous qu’il est non seulement champion de suisse du contre-la-montre, mais aussi champion du monde de cette discipline.
- Thomas Voeckler s'est peut-être fatigué très tôt dans ce Tour. Mais lui n’a pas de regrets à avoir de ne pas être allé au bout dans cette étape. Son objectif était de consolider son maillot à pois. Pour cela, il fallait passer la journée devant. Chavanel lui a permis de faire ce qu’ils étaient certainement peu à avoir parié ce matin qu'il ferait. Désormais, il est sûr d’être le leader du classement de la montagne jusqu’à jeudi : premier rendez-vous des grimpeurs.
- Juan Mauricio Soler, le meilleur grimpeur de l’année dernière, a encore perdu du temps aujourd’hui. Près de 7 minutes et 20 secondes. C’est énorme! C’est même le temps du dernier de l’étape qu’il est. Incapable de suivre quand le rythme s’accélère, la souffrance endurée par le colombien le rend plus fort pour l’avenir. Mais malheureusement, s’il est encore incapable de tenir son guidon (comme nous l'avons constaté hier) dans quatre jours, il ne pourra pas descendre les cols. Un handicap qui pourrait bien mettre fin à sa participation au Tour.
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