Étape 3 : Saint-Malo/Nantes (208 km)
Les sprinteurs : c’était leur étape. Après deux arrivées plutôt taillées pour les puncheurs, l’étape d’aujourd’hui ne répertoriait aucune côte. De quoi enfin sourire aux maîtres du sprint. Comme par exemple Erik Zabel qui fêtait ses 38 ans.
L’échappée : une échappée dès les premiers kilomètres était à prévoir. Elle s’est dessinée dès le septième kilomètre sous l’impulsion de William Frischkorn accompagné par trois hommes seulement et aucun dangereux au général. Dans ces conditions, le peloton pouvait accorder un bon de sortie au coureur de l’équipe Garmin et à ses compagnons Feillu, Dumoulin et Paolo Longo Borghini afin de temporiser la course.
La surprise : les années précédentes nous avaient habitué à ce que l’échappée du jour n’aille pas au bout. La course étant réglée par les directeurs sportifs dans leur voiture qui transmettaient les ordres en temps réel par oreillettes à leurs coureurs en fonction du déroulement de la course suivie en direct grâce aux nouvelles technologies. Les coureurs n’avaient qu’à pédaler comme on le leur disait. La théorie se transformait alors parfaitement en pratique. Mais l’oreillette n’empêche pas les imprévus. C’est ainsi qu’aujourd’hui, le vent de dos qui soufflait dans le final avantagea les échappées et les cassures provoquées par les chutes désavantageaient le peloton. Esseulé dans le premier groupe, le sprinteur Oscar Freire ne pouvait pas faire rouler ses équipiers derrière les hommes de tête.
La vigilance : c’est un mot que le coureur cycliste doit toujours avoir en tête. Et quand il est outsider ou favori du Tour, afin de ne pas se faire piéger, il doit courir dans les premiers rangs du peloton même si être en queue de celui-ci permettrait une totale économie bénéfique pour les jours à venir. Menchov et Ricco étaient peut-être prudents, mais ils n’ont pas réussi à éviter le piège et sur la ligne d’arrivée, leur retard sur le groupe des favoris est de 38 secondes. C’est toujours ça de perdu et ce dès la troisième étape.
Le maillot vert : en terminant onzième de l’étape et septième du sprint du peloton, Kim Kirchen continue à se battre pour son maillot vert. Son avance sur les spécialistes du classement de la régularité se réduit peut-être (ce soir, il n’y a plus que cinq points d’écart entre Hushovd (deuxième) et lui), mais dès jeudi il sera le seul à pouvoir prendre des points dans les étapes de montagne puisqu’il est le seul de ces coureurs à grimper. A noter aussi que Valverde, quatrième au général de ce classement ne prend aucun point aujourd’hui. Il semblerait donc que le seul coureur qui pourrait rivaliser avec lui tout au long des trois semaines pour ce maillot ne convoite pas ce classement.
Le bon coup : Samuel Dumoulin ne peut pas rivaliser avec les meilleurs sprinteurs. Il valait donc mieux pour lui se faufiler dans une échappée. En début de Tour, ce pari est souvent perdu, mais preuve que le panache est toujours payant, ce soir, il a certainement remporté la plus belle victoire de sa carrière.
Le maillot jaune : c’est « le rêve de gosse » de tous les coureurs, paraît-il. Ce soir, Romain Feillu l’a réalisé. En se calant dans la roue de Longo Borghini lorsque Dumoulin a attaqué dans les derniers hectomètres de l’étape et en refusant de collaborer avec lui pour aller chercher les deux de devant, puis en attaquant au lieu de lui prendre le relais, Feillu a parfaitement manœuvré pour piéger son premier adversaire au classement général. Au final, il lui met 14 secondes sur la ligne d’arrivée, ce qui fait 35 secondes d’avance au général au lieu de 21. C’est peut-être maigre, mais c’est peut-être ce qui sera suffisant demain pour garder le maillot jaune sur les épaules à l’issue du contre-la-montre de seulement 30 kilomètres. De quoi résister à un spécialiste de la discipline comme Cancellera. Rien n’est joué, certes! Mais le mérite de Feillu est d’avoir intelligemment mis toutes les chances de son côté pour conquérir et garder ce maillot.
Des manifestants : en plus des chutes, les imprévus sur ce Tour peuvent venir de l’extérieur comme nous l’avons constaté aujourd’hui avec la présence de manifestants sur le bord de la route à 58 kilomètres de l’arrivée. Ce genre d’évènements peut retarder les coureurs de plusieurs minutes. Une autre bonne raison de ne pas laisser trop d’avance aux échappées contrairement à ce que nous avons vu aujourd’hui.
Salut Richard,
Un grand bravo pour ton blog très intéressant. C'est ainsi que je conçois et que j'aime lire le cyclisme sur le web. Analyses et commentaires sans fioriture, aller à l'essentiel tout en ne négligeant pas le moindres faits de course. Je comprends pourquoi tu as du succès ;o)
Très bonne continuation
Vinch13
Rédigé par: Vinch13 | 08 juillet 2008 à 00:54