Étape 1 : Brest-Plumelec (197,5 km)
Pas de parade cette année! Le prologue étant remplacé par une étape de près de 200 kilomètres, les coureurs n’ont pas offert un défilé personnel au public. C’est dans un peloton groupé qu’ils ont du prendre le départ. Place directement à la course! Avec tous les risques qu’elle comporte. Cette année donc, le Tour pouvait se terminer et se perdre dès le premier jour. Hervé Duclos-Lassalle au quatre-vingt-seizième kilomètre nous a démontré -hélas- la première théorie. Moment terrible pour un coureur qui découvre le Tour de France.
Sylvain Chavanel n’est pas passé loin non plus de l’abandon. Lui aussi a été victime d’une chute. Comme Mauricio Soler, meilleur grimpeur l’année dernière, qui a déboursé plus de trois minutes sur la ligne d’arrivée. En général, les grimpeurs n’aiment pas les contre la montre, même pas ceux des prologues. Finalement, cette autre façon de commencer l’épreuve n‘aura pas avantagé le pur grimpeur colombien. Pour lui, l’espoir d’arrivée en jaune à Paris est quasiment fini.
Il ne fallait pas seulement avoir peur de tomber. Il fallait également veiller à ne pas se faire piéger à cause du vent de face, d’une cassure suite à une chute ou à cause de l’arrivée en côte. Partant du principe que la meilleure défense est l’attaque, Kim Kirchen a tenté de jouer la victoire d’étape, mais Alejandro Valverde était le plus fort et le plus malin. S’il ne relègue Kim Kirchen, Cadel Evans et Fränk Schleck qu’à une seconde de lui, il met déjà sept secondes à Carlos Sastre, Andy Schleck, Damiano Cunego, Denis Menchov, Christian Knees, Stijn Devolder, Thomas Lövkvist et Roman Kreuziger. Des secondes précieuses puisque le Tour a déjà été perdu pour huit secondes. Ces hommes devront donc être encore plus vigilants demain.
Côté français, les coureurs sont en forme. Comme chaque année, ils ont attaqué très tôt. Lilian Gégou, parce que régional de l’étape, a déclenché les hostilités dès le quatrième kilomètre. En vain pour la victoire d’étape. Mais le festival habituel français continue : Thomas Voeckler, dont on disait il y a quatre ans que la Voecklermania succédait à la Virenquemania, nous offre le premier lot de consolation de ce Tour, qui est, c’est une habitude, le maillot à pois, qu’il devra défendre demain entre Auray et Saint-Brieuc. Une tâche très difficile pour le français qui est ex æquo en nombre de points avec l’allemand Björn Schröder.
Cette première étape aura donc été à la fois belle et cruelle. Il y a longtemps que l’on n’avait plus vu les favoris du Tour se battre dès la première étape. Ça fait plaisir et ça promet pour la suite! Que cela continue ainsi! Le cyclisme s'embellit. C'est beau!
Commentaires