Étape 17 : Embrun/Alpe d’Huez (210,5 km)
C’était enfin le grand rendez-vous de ce Tour 2008! L’étape reine. Avec 210,5 kilomètres à parcourir et trois cols hors catégories à gravir dont le Galibier, la Croix-de-Fer et l’arrivée à l’Alpe d’Huez, les CSC devaient gagner le Tour aujourd’hui. Pour cela, il fallait laisser le Galibier (trop loin de l’arrivée) aux premiers attaquants qui viseraient la victoire d’étape. Ils ont été quatre : Rémy Di Gregorio, Peter Velits, Ruben Perez et Stefan Schumacher. La Gerolsteiner a très bien protégé son maillot à pois : si Di Gregorio voulait une collaboration de Schumacher, il ne fallait pas qu’il lui dispute les points aux sommets des cols. Et Schumacher a encore mieux couru puisqu’il a profité de la faiblesse du coureur de Marc Madiot pour le lâcher définitivement dans la première descente du jour. Di Gregorio piégé, l’échappée matinale n’irait pas au bout. Le vainqueur du Tour 2008 pouvait enfin s’assurer une victoire d’étape.
Ayant perdu une occasion de repousser Evans hier, les CSC devaient absolument s’en débarrasser aujourd’hui. Parce que Frank Schleck était limite depuis la Bonette-Restefond, il fallait jouer la carte Sastre et donc que son frère Andy, qui peut regretter sa fringale d’Hautacam car il est vraiment le plus fort de ce Tour, parte avec l’espagnol dans la Croix-de-Fer pour le protéger dans la vallée. Mais au lieu d’effectuer une telle opération que seuls Kohl et Menchov étaient a priori les seuls capables de suivre et qui auraient permis à Sastre d’arriver à l’Alpe d’Huez avec une avance suffisante sur Evans pour gagner le Tour de France, les CSC ont préféré imiter la défunte US Postal bénéfique à un Lance Armstrong, mais totalement inadaptée à un grimpeur comme Sastre. Evans était prenable dans la montagne. C’est là qu’il fallait l’attaquer. En revanche, attendre la dernière montée pour le lâcher revenait à lui offrir ce Tour. Et même si Evans ne refait pas son retard lors du dernier contre-la-montre, l’australien restera quand même celui qui a le mieux couru sur ce Tour de France. Carlos Sastre, en revanche, avait des capacités qu’il n’a pas utilisé. Un scandale! Il ne mérite pas d’être le premier à Paris.
Dans la montée de l’Alpe d’Huez, Vandevelde a pu regretter sa défaillance de la veille alors que Menchov, lui, nous a montré qu’il était sur le déclin tandis que Moncoutié a étonné et semble bien revenir pendant que Goubert, 38 ans, se montre comme l’espoir du cyclisme français. Kreuziger, lui, termine à moins d’une minute d’Evans et prend rendez-vous pour l’avenir alors que Cunego inquiète encore et toujours. Alarmant!
Enfin, Kohl a gagné son maillot à pois. Un maillot bien mérité. Un véritable travail d’équipe a été fait pour cela. Et puis aussi, à voir l’état dans lequel était l’autrichien après la ligne d’arrivée, il faut reconnaître qu’il est allée chercher ce maillot au bout de lui-même. Bravo!
Une dernière remarque : Valverde a encore prouvé aujourd’hui qu’il était juste de le considérer comme l’un des favoris de ce Tour. Malheureusement, pour gagner une course de trois semaines, il ne faut pas connaître de « jour sans » et il faut éviter le piège. L’expérience du Tour 2008 acquise, il sera l’un des grands favoris du Tour 2009 avec Andy Schleck.
Pas mal le compte rendu. Mais quel Tour de merde !! MDR
Ton copain Clapton !!
Rédigé par: Clapton | 24 juillet 2008 à 19:43